TL : Afrique face au développement et à la mondialisation

Mis en avant

SAHARA

FICHE DE TRAVAIL correction Sahara

Des vidéos pour comprendre l’ensemble de la question :

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Quelle croissance pour l’Afrique ?

Voici des extraits d’un article tiré du site de la Banque mondiale et actualisé en septembre 2015 : http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/overview

La croissance de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 4,2 % en 2015, contre 4,6 % en 2014. La baisse de 0,4 point de pourcentage s’explique par une révision à la baisse des projections de croissance pour l’Angola, le Nigéria et l’Afrique du Sud.

Cette progression sera tirée par la demande intérieure, elle-même portée par la poursuite des investissements d’infrastructure et la consommation des ménages, laquelle bénéficie de la baisse des prix pétroliers. Elle sera également soutenue par la demande extérieure, en raison de l’amélioration des perspectives de croissance dans les pays à revenu élevé.

 

Le montant des transferts d’argent des migrants à destination de l’Afrique subsaharienne devraient ralentir en 2015, sous l’effet notamment de l’appréciation du dollar, avant de grimper à nouveau progressivement en 2016–17. Quant aux investissements directs étrangers (IDE), ils ne devraient guère contribuer à la croissance en raison du ralentissement des investissements chinois et du bas niveau des prix des produits de base.

Dans les pays exportateurs de pétrole, la situation budgétaire devrait rester tendue tout au long de l’année 2015.

Les perspectives économiques de la région continuent d’être exposées à des risques de révision à la baisse. Les principales menaces endogènes qui pèsent sur l’Afrique subsaharienne en 2015 relèvent de facteurs politiques, avec la tenue d’élections dans un certain nombre de pays alors que d’autres sont le théâtre de mouvements insurrectionnels ou terroristes.

En outre, la précarité des systèmes de santé demeure préoccupante. L’épidémie d’Ebola a démontré l’urgence de disposer de systèmes sanitaires plus efficaces, mieux financés et plus résilients sur le continent, afin d’enrayer les maladies contagieuses comme le paludisme, la tuberculose et le VIH/sida. Le développement de services de santé de base de qualité fait toujours partie des priorités.

Sur le plan extérieur, un ralentissement plus marqué que prévu en Chine, la poursuite de l’effondrement des cours du baril, un coup d’arrêt à la reprise en Europe ou une brusque détérioration de la liquidité mondiale constituent les principaux risques.

l’Afrique face à la mondialisation

(très )longues citations d’une communication  faite le 20 mars 2010 à l’université de Saint Louis du Sénégal par Amadou Moctar Diallo

http://amoctad.blogspot.fr/2010/05/lafrique-face-la-mondialisation.html

 Je l’ai remaniée afin de répondre à une composition sur le sujet l’Afrique face à la mondialisation .C’est aussi l’occasion de revoir au début une définition générale de la mondialisation pouvant servir pour une introduction 

Les années 90 marquent une nouvelle ère dans la vie internationale. Cette période a été qualifiée de « nouvel ordre mondial » marquant le triomphe de la démocratie libérale et du capitalisme économique. Ainsi, notre monde est de plus en plus intégré ( = interdépendance des systèmes ). Le processus de la mondialisation qui connu un essor important après la fin de la guerre froide est devenu « un fait incontournable » . Cet essor s’explique aussi par la libéralisation de l’économie, le développement des technologies de l’Information et de la Communication (TIC), du transport, etc.

La mondialisation est une « notion  multidimensionnelle et touche tous les domaines de la vie économique, culturelle, environnementale et sociale- jusqu’ aux relations entre les Etats et les Nations des cinq continents. Ainsi elle nous pousse à re-analyser les concepts de « souveraineté, intérêt national, frontières etc. » . Mais si la mondialisation a donné naissance à des  opportunités sans précédent pour certains pays elle a également créé des vulnérabilités et des périls eux aussi sans précédent »

Quelle est la place du continent africain dans cette « ère de la mondialisation ». L’Afrique est-elle bien outillée pour profiter des opportunités qu’offre la mondialisation, et se prémunir des « vulnérabilités et périls » qu’elle occasionne ?

Il convient de constater la marginalisation de l’Afrique dans ce processus de mondialisation (I). Cependant, cette marginalisation est en train d’être combattue par des efforts d’intégration de la part des leaders du continent (II).

I-DE LA MARGINALISATION…

S’il est une région marginalisée dans la mondialisation, c’est bien l’Afrique. Cette marginalisation du continent africain s’explique par un certain nombre de facteurs et a des effets sur la vie du continent .

A-Les facteurs de la marginalisation

Les facteurs de cette marginalisation sont nombreux.

–> D’abord le continent africain est le continent qui a le plus enduré l’esclavage puis la colonisation qui ont duré des siècles. Cela a entraîné la balkanisation (division en petits morceaux comme les pays des Balkans c’est à dire l’ex -Yougoslavie )de l’Afrique en différents micro-Etats dépourvus de réel poids socio-économiques et politiques. Cette période a favorisé aussi l’exploitation des ressources premières du continent au détriment des peuples d’Afrique. Les « colonies qui n’étaient en fait que des pourvoyeurs de matières premières n’ont jamais pu bénéficier d’infrastructures adéquates et les populations n’avaient pas toujours accès à l’éducation et aux services sociaux de base qui font partie aujourd’hui des critères de pauvreté .

–> Par ailleurs, après les indépendances, les pays africains ont toujours maintenu de types d’économie axé sur l’exportation des matières premières vers l’Europe où elles sont transformées puis revendue sous forme de produits manufacturés en Afrique. Sur le plan économique, nous notons un déséquilibre dans les échanges commerciaux mondiaux. C’est la « la détérioration des termes de l’échange ».

–> Cependant, l’Afrique a contribué grandement aussi à sa propre marginalisation. En effet, l’instabilité sociopolitique du continent, le repli identitaire, l’absence de cadre juridique favorable aux investissements, le manque d’entreprises privées  sont des frein à l’intégration de certains pays dans cette « ère de la mondialisation »

B-Les effets de la marginalisation

Cette marginalisation du continent africain a des conséquences néfastes sur tous les plans. Sur le plan économique, elle accentue la fragilité des économies africaines. En effet, les produits africains ont du mal à être compétitifs sur le plan international. Puis sur le plan national, ils sont concurrencés par les produits des grandes firmes des puissances économiques de la triade. Ces firmes ont les moyens de mettre sur le marché des produits de qualité à faible prix.

Ensuite, sur le plan culturel, cette marginalisation entraîne la destruction ou l’affaiblissement des cultures africaines. On parle de l’ occidentalisation »du monde (Par exemple : la polygamie pratiquée dans le monde islamique et dans les milieux traditionnels africains est jugée inacceptable et même illégale dans presque tous les pays occidentaux. Inversement, ces pays dont certains d’entre eux qualifient la pratique homosexuelle comme légale, font pression sur les pays africains surtout pour qu’ils la légalisent.). Avec la montée en puissance des puissances non occidentales comme la Chine certains voient « la fin de l’arrogance civilisatrice de l’Occident »

Et enfin, sur le plan sociopolitique, cette marginalisation fait que l’Afrique, n’a pas d’influence réelle dans les grandes institutions financières internationales comme la Banque Mondiale (BM), le Fonds Monétaire Internationales (FMI) ou encore l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Or, c’est au sein de ces instances que se font les grandes négociations internationales, se définissent les grandes lignes de la politiques internationales. Ces institutions imposent une politique que les Etats africains sont contraints d’appliquer. L’exemple des plans d’ajustement structurels dont le Sénégal est signataire est édifiant.

La marginalisation d’une partie importante de la planète au processus de mondialisation a favorisé sa contestation par les mouvements altermondialistes à travers le Forum Social Mondial.

Cependant, les dirigeants africains ont compris que l’Afrique ne peut pas rester hors de ce processus en le subissant. L’Afrique veut aussi être un acteur de la mondialisation. C’est ce que explique son souci de bien s’intégrer dans ce processus.

II-…A la tentative d’intégration

« Bon gré, mal gré, l’Afrique doit aujourd’hui vivre, comme l’ensemble de notre planète à l’heure de ce que l’on appelle la mondialisation »Face à ce constat d’un ancien Président la République du Sénégal  l’Afrique a mis en place des instruments de sa propre intégration. Une intégration effective de l’Afrique dans ce processus constituera un enjeu majeur dans les relations internationales .

A-Les instruments de l’intégration

Le continent africain a mis en place un certain nombre d’organisations d’intégration économique chargées d’harmoniser les politiques des pays africains dans le domaine économique et social. Parmi ces organisations, nous pouvons citer l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) qui regroupe de l’Afrique occidentale, la Southern African Development Coordination Conference, (SADCC) avec les pays situés au Sud du continent. Ces regroupements régionaux permettent d’intensifier les échanges entre pays africains et créer un vaste marché où sera assuré une libre circulation des biens, des personnes et des services.

C’est surtout le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) qui constitue aujourd’hui le véritable instrument de réponse à la mondialisation. Fondé en 2001, sous l’initiative du Nigeria, du Sénégal, de l’Afrique du Sud et de l’Egypte, cette organisation prône« l’ouverture de l’Afrique au reste du monde, le recours aux investissements privés étrangers pour financer le développement, et la réduction du rôle de  l’Etat comme acteur du développement .

Cependant ces organisations présentent des faiblesses résultant même du manque de volonté des Etats membres de déléguer des pouvoirs réels et les moyens nécessaires pour la réalisation de leurs objectifs.

B-Les enjeux de l’intégration

Une Afrique intégrée dans le processus de la mondialisation n’est pas sans effet dans les relations internationales. En effet, cette intégration changera considérablement les rapports économiques et politiques entre l’Afrique et ses partenaires internationaux. Elle permettra de mieux revoir les termes de l’échange qui ne seront dictée par la logique de pays assistants à pays assistés, mais plutôt entre des partenaires égaux.

Ainsi, la mondialisation peut bien être très bénéfique pour l’Afrique si celle parvient à s’adapter à ces exigences. En effet, comme le montre Sylvie Brunel (une spécialiste française des problèmes de développement), « la mondialisation est un catalyseur du décollage économique. Les pays qui ont des institutions solides, un territoire bien équipé, un secteur industriel déjà étoffé, une population qualifiée se sont développés grâce à l’afflux des capitaux privés. Ceux qui profitent des cours élevés des matières premières pour diversifier leur économie et développer les services à la population, aussi. Les autres, non. La mondialisation ne suscite pas le développement. Elle peut juste l’accélérer. » Pour illustrer cela, nous pouvons citer l’exemple du Brésil, de l’Inde, de la Chine, de l’Afrique du Sud qui ont connu un développement assez considérable qui les range aujourd’hui dans le groupe des pays émergents et membre du G20.

Pour être compétitif le continent africain doit donc mettre sur le marché des produits compétitifs tant sur la qualité que sur le prix. Pour cela donc, il est nécessaire de développer l’industrie africaine et d’encourager l’initiative privée. Par ailleurs, les pays partenaires de peuvent « appuyer les efforts des pays africains en donnant libre accès à leurs marchés aux exportations de ces derniers, ce qui permettra aux pays pauvres très endettés de mieux s’intégrer au système commercial mondial ».

Une faiblesse de l’ intégration de l’Afrique peut même constituer une menace pour la sécurité internationale dans la mesure où le développement des TIC a aussi favorisé l’internationalisation des crimes organisés, du terrorisme, autant de fléaux qui trouble le « nouvel ordre mondial ».

Conclusion :

Malgré les efforts d’intégration dans le processus d’intégration, l’Afrique demeure toujours marginalisé surtout sur le plan économique : « ses exportations représentent 1% des exportations mondiales et sont composées pour l’essentiel de produits primaires. Sa part des investissements internationaux? Elle oscille autour de 2%, pour moitié dans l’exploitation pétrolière ».

Ainsi, si l’Afrique parvient à faire face à la mondialisation en profitant de ses fruits elle pourra s’intégrer .

L’Afrique et la mondialisation

un petit bonus : 2015 :Obama danse ! Aux côtés de sa soeur Auma Obama et de son homologue kenyan Uhuru Kenyatta, il s’essaie à la Lipala dance sur le tube du groupe kenyan Sauti Sol

pour vous préparer à notre nouveau chapitre , un article daté de 2010 , émanant d’un Etudiant à HEC Paris , responsable du site les yeux du monde.fr .Un croquis dans l’esprit du bac accompagne l’article !

voici le lien http://les-yeux-du-monde.fr/ressources/2703-lafrique-son-integration-a-la-mondialisation-ses-retards/

Alexandre LIEBERMANN

On a coutume de définir l’Afrique comme le « continent en retard », et ce depuis R. Dumont et son ouvrage L’Afrique noire est mal partie. Néanmoins, est-ce un raccourci simpliste, ou une réalité ?

Autant, du temps de Dumont, l’Afrique entière paraissait en difficulté, autant aujourd’hui, semble-t-il, certains pays ont réussi à réduire leur retard. Les facteurs de retard, néanmoins, sont actuellement multiples. Du simple facteur climatique (entre sécheresse désertique et pluies torrentielles en région équatoriale) au facteur politique, l’Afrique souffre bien plus que les autres continents. Au point même qu’on en est venu à créer l’expression de « diagonale des conflits », forgée au cours des années 1990. Celle-ci touche principalement l’Afrique subsaharienne, regorgeant par ailleurs de richesses minières énormes. Les deux faits sont d’ailleurs souvent interdépendants (par exemple les fameux diamants de conflit). Et durant les années 2000, de nombreuses guerres civiles ont pu éclater, de durées très variées, en Côte d’Ivoire, au Kenya, mais bien évidemment, au Darfour, région la plus touchée actuellement. Tous ces retards et quelques autres ont obligé la communauté internationale à intervenir, depuis la définition des Pays les Moins Avancés (PMA). On en trouve 33 en Afrique (sur 49 dans le monde).

A côté de cela, nombre d’États ont réussi à prospérer (relativement), grâce à leurs ressources, leur extraversion… Si l’on cherche un leader en Afrique, on ne peut trouver que deux candidats potentiels : le Nigeria et l’Afrique du Sud.  Le Nigeria, grâce à son statut de PEP ; l’Afrique du Sud, grâce à ses ressources du sous-sol et sa relative diversification, et dont toute l’Afrique australe  dépend aujourd’hui. Quant aux autres PEP, ils manquent cruellement de répartition des richesses (au Maghreb-Machrek), ou ont longtemps souffert (et souffrent encore) de divers conflits. Leur richesse évolue au gré des aléas des cours du pétrole, et dépend fortement de la spéculation. Leur richesse future pourra provenir d’une diversification mondiale de l’offre et de l’intérêt de puissances notamment émergentes. Et il n’est pas étonnant de remarquer que les grandes villes du continent (que l’on peut qualifier, pour certaines, de métropoles du Sud) se situent dans ces pays essayant de suivre le train de la mondialisation. Outre l’historique Le Caire, Le Cap et Lagos symbolisent la puissance du Nigeria et de l’Afrique du Sud. Mais seule la façade portuaire sud-africaine joue un rôle sur le continent. Les autres pays se cantonnent à des stations balnéaires ou à des ports nationaux sur leurs littoraux.

L’Afrique est donc désunie face à la mondialisation. Il y a donc bien plusieurs Afriques, chacune cherchant à se rapprocher d’une autre « mieux placée ». C’est ainsi un continent où les migrations intracontinentales sont très fortes, qu’elles soient dues à des guerres, ou à l’existence d’un pôle économique régional (Côte d’Ivoire, Afrique du Sud, etc.). Mais la proximité de l’Europe et du Moyen-Orient attise les convoitises, si bien que nombre de ports et autres villes constituent des « portes d’entrée » vers l’Occident, points de départ de traversée de la Méditerranée vers l’Europe, depuis Tanger, la Tunisie ou autres. N’oublions pas les migrations vers les Iles Canaries.  Mais politiquement, la démocratie ne semble pas être un cheval de bataille en Afrique, et l’on peut comprendre que les questions économiques priment. Néanmoins, entre Etats en déliquescence totale (Somalie), ou Etats dirigés par un président omnipotent (Soudan), ou Etats conduits par une dynastie établie de facto et élections manipulées, les dérives antidémocratiques sont légion. Face à cela, c’est du pain béni pour les groupes terroristes, souvent liés à Al Qaida, cherchant à manipuler les intérêts locaux et à faire pression sur les Occidentaux (Al-Qaida au Maghreb Islamique, ou shebabs somaliens). Et comme la maitrise maritime est souvent aussi faible que la maitrise terrestre, la piraterie grandit, notamment au large du Golfe d’Aden, et de la Somalie, mettant en péril les exports d’hydrocarbures provenant du Golfe, ou, plus récemment, au large des Seychelles.  Le salut de l’Afrique pourra provenir dans les années à venir d’une intégration régionale. A ce jour, seuls la SADC  (Communauté de développement de l’Afrique australe), voire le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, autour de l’Afrique du Sud, du Nigeria, de l’Egypte, de l’Algérie, le Sénégal) paraissent viables.

LES DESSOUS DE LA MONDIALISATION Terre à prendre en Ethiopie Diffusée le 13/12/2012

Diffusée le 13/12/2012 sur LCP cette émission présente plusieurs intérêts :

–> Comment un des pays les plus pauvres de la mondialisation s’insère dans la mondialisation

–> Comment la croissance ne profite pas forcément à la population

Répondez aux questions :

pour voir le film :

http://www.publicsenat.fr/vod/les-dessous-de-la-mondialisation/terre-a-prendre-en-ethiopie/124810

des photos commentées :

http://www.mediapart.fr/portfolios/en-ethiopie-avec-les-paysans-expropries